Le choix des mots !

La méthode que j'emploie et transmets, se caractérise notamment par un vocabulaire et une intonation qui n'ont rien à voir avec ce qui est préconisé d'une manière générale dans l'éducation canine.
Pour bon nombre de personnes il est difficile d'accepter de parler ainsi à son chien, difficile de tolérer les regards extérieurs… Surtout quand la coutume veut que nous parlions à nos chiens de manière brève, sèche et sur le ton de l'impératif bien souvent.

Le p'tit nom 
Ici chaque invitation est précédée du p'tit nom d'amour de notre chien. Cela nous permet d'interpeller le chien pour lui signifier que nous allons lui demander quelque chose.
Exp: « Mon Tiloulou? Tu restes avec moi? »
Nous veillons à utiliser le nom du chien le plus rarement possible. De façon à ce qu'il agisse comme un « super signal ». Car souvent, en étant trop utilisé, il n'a plus d'impact sur le chien...
Dans les situations d'apprentissages, même si le chien ne répond pas tout de suite à notre demande, il faut garder l'habitude d'employer ce p'tit nom 2/3 fois avant d'utiliser le nom du chien. Ainsi petit à petit, à mesure des micro-progrès du couple maitre-chien, la coopération se fera plus rapidement sans avoir à utiliser le nom.
Nous le gardons donc pour des situations critiques où le chien fixe, n'écoute pas/plus son maitre, quand la situation est dangereuse.

L'intonation
L'intonation chantante d'une voix gorgée de soleil a une grande importance. Elle nous permet de rester dans l'invitation sans tomber dans l'autoritarisme.
Ainsi, dès que nous percevons que le chien est interpellé par ce que nous lui demandons, nous commençons à le féliciter.
La félicitation, dès l'amorce de l'intérêt du chien jusqu'à la finalité de l'action, permet de garder le contact avec lui, de ne pas couper la communication, de l'encourager dans son effort/son écoute...
Exp: « C'est bieeen tu restes... C'est bieeen tu restes... C'est bieeen tu restes...etc...»
Selon le degré d'écoute, la complicité auxquels sont arrivés le chien et son maitre, il faudra: féliciter tout au long de l'action, de temps à autre ou juste une fois quand l'action est amorcée.
Il est aussi bon de savoir s'adapter au chien du point de vue de l'intonation. En effet certains chiens monteront vite en excitation face à une voix trop joyeuse, il faudra donc trouver une tonalité plus neutre sans être ferme.

Le choix des mots
Le lexique qui suit est le fruit d'un travail sérieux, une recherche de tournures de phrases ayant une musique adaptée. Nous sommes donc exigeants quant à l'utilisation des bons mots pour formuler les invitations à nos chiens.

Voici donc un glossaire des invitations que nous utilisons avec nos chiens.

Pour le rappel
Tu viens me voir ? ==> C'est bieeen viens me voir !
Attention à ne plus dire le "tu" dans la félicitation.

Pour lui demander de revenir vers nous, sans imposer un rappel
Demi-tour? ==> C'est bieeen demi-tour

Pour lui demander d'attendre
Tu attends ? ==> C'est bieeen tu attends
Tu attends, je reviens? ==> C'est bieeen tu attends
La différence entre les deux est qu'avec le « tu attends, je reviens? » le chien va apprendre à attendre notre retour là où nous l'avons laissé.
Alors qu'avec un « tu attends? » nous pouvons demander et stopper l'action d'attente à distance.

Pour lui demander de rester à nos côtés
une sorte de « au pied! »... sans que le chien ait l’obligation de garder sa tête collée à notre jambe. Là le chien se doit juste de rester dans le périmètre défini par son maitre.
Tu restes avec moi ? ==> C'est bieeen tu restes
Cette félicitation peut être accompagnée d'une douce caresse sur le plat de la joue du chien quand il est assez proche.

Pour lui demander de rester sur le bord du chemin, sur le trottoir
Tu vas au bord? ==> C'est bieeen au bord

Pour lui demander de laisser des « êtres vivants »
chien derrière son grillage, animaux dans les prés, chien croisé en balade...
Tu le laisses ? ==> C'est bieeen tu le laisses

Pour lui demander de laisser diverses choses
de la nourriture, des victuailles douteuses trouvées en balade...
Tu laisses ? ==> C'est bieeen tu laisses
Ici nous n'utilisons pas le « le ». Même si dans les premiers temps de l'apprentissage il est bon de l'ajouter car il aide à garder une mélodie plus douce dans la phrase... l'agacement étant hélas trop vite présent au début.

Pour lui demander de laisser des personnes croisées en balade
nous n'utilisons pas le « tu laisses? » car cette invitation donne des frissons aux personnes croisées! Mais plutôt...
Tu laisses passer? ==> C'est bieeen tu laisses passer

Pour lui apprendre à donner ce qu'il a en gueule
il existe un travail qui s'appuie sur le troc.
Tu donnes ? ==> C'est bieeen (tu) donnes
Tu prends? ==> C'est bieeen (tu) prends.

D'autres demandes qui coulent de sens...
Tu montes ? ==> C'est bieeen (tu) montes
Tu descends ? ==> C'est bieeen (tu)descends
Tu rentres ? ==> C'est bieeen (tu)rentres
Tu sors? ==> C'est bieeen (tu)sors
Tu te pousses? ==> C'est bieeen tu te pousses
Tu avances ? ==> C'est bieeen (tu) avances

C'est fini !
Très très importants ces deux petits mots. Grâce à eux le chien comprend que l'action est achevée, qu'il peut vaquer à ses occupations comme bon lui semble.
En prononçant ces deux mots nous coupons la communication avec notre chien. Il faut veiller à ne plus le regarder, sinon cela reviendrait à lui mentir, notre regard agissant comme une recherche d'interaction avec lui.

Nous utilisons aussi le « c'est fini » pour stopper les aboiements du chien. Quand il aboie pour nous signaler la présence de quelqu'un nous le félicitons puis lui indiquons que nous prenons le relai ==> « C'est bieeen! C'est fini! »

A bannir...
« Allez! » ==> Il n'est en rien utile, il traduit juste l'état d'esprit de la personne: son impatience, sa nervosité, la peur de l'échec.
« Doucement! »==> Par acquis de bonne conscience le maitre ajoute ce mot pour canaliser son chien. Il pense qu'ainsi son chien va ralentir, agir en douceur. Ce qui bien souvent produit l'effet inverse, ce mot mettant en alerte le chien!

Le silence, l'ignorance...
Comment ça le silence? Mais ce n'est pas un mot!!!
Et pourtant en nous taisant nous aidons le chien à être plus vigilant à nos demandes.
A force de lui parler pour ne rien dire, à force de le rappeler à l'ordre pour un oui et pour un non, à force de le suivre du regard, à force de la papouiller nous le « soûlons »...
Et un chien sans cesse sollicité ne peut être serein, pleinement disponible pour les apprentissages. Bien au contraire, il construit une barrière pour se préserver, il fait la sourde oreille...

Source http://forum.a-l-ecoute-du-chien.org/viewtopic.php?f=11&t=375&start=50 écrit par Calou (Merci !)
Share on Facebook